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DU CANADA.

s’écrièrent les nobles Hongrois en élevant leurs épées vers le ciel.

L’Angleterre qui avait d’abord gardé la neutralité, ne tarda pas à se déclarer, lorsqu’elle vit la fermeté avec laquelle l’impératrice faisait tête à l’orage, et elle jeta son épée à côté de la sienne dans la balance. C’était commencer les hostilités contre la France, et allumer la guerre en Amérique, où les colonies anglaises brûlaient toujours du désir de s’emparer du Canada.

Ces colonies montraient déjà, comme nous l’avons dit ailleurs, une ambition qui aurait pu faire présager à un œil clairvoyant ce qu’elles voudraient être dans l’avenir ; une inquiétude républicaine mais qu’elles dissimulaient soigneusement, semblait les tourmenter aussi. Cela n’échappa pas tout-à-fait dans le temps à la sagacité de la Grande-Bretagne. Le parti puritain qui avait autrefois gouverné l’ancienne Angleterre avait transporté son esprit de domination dans la nouvelle. Le génie de ces colons semblait prendre de la grandeur lorsqu’ils considéraient les immenses et belles contrées qu’ils avaient en partage, et il n’est guère permis de douter après ce que nous avons déjà vu jusqu’à ce jour, que les États-Unis voudront remplir toute leur destinée.

En Canada, l’on s’attendait depuis longtemps