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HISTOIRE

Grande-Bretagne et des colonies, pour occuper la vallée de l’Ohio, dans laquelle elle obtint en 1749 une concession de 600,000 âcres de terre. Ce n’était pas la première fois que l’on enviait cette fertile et délicieuse contrée. Dès 1716, M. Spotswood, gouverneur de la Virginie, avait proposé d’y acheter des Indigènes un territoire, et de former une association pour y faire la traite ; mais le cabinet de Versailles s’y étant opposé, le projet avait été abandonné[1]. Dans le même temps les journaux de Londres annonçaient de nouveaux établissemens, et il était question de porter jusqu’au fleuve St.-Laurent ceux que l’on devait former du côté de l’Acadie, et l’on ne donnait aucunes bornes à d’autres que l’on projetait du côté de la baie d’Hudson[2]. L’agitation qui régnait à cet égard ne faisait que confirmer les Français dans leurs appréhensions d’un grand mouvement agresseur de la part de leurs voisins ; elles étaient d’autant plus vives ces craintes qu’ils se voyaient moins de moyens pour résister.

M. de la Galissonnière les partageait entièrement. C’était un homme de mer distingué, et qui devait plus tard se rendre célèbre par sa victoire devant l’île de Minorque sur l’amiral

  1. Universal History, vol. 40.
  2. Mémoire, &c. par M. de Choiseul.