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DU CANADA.

rivière St.-Jean à prêter serment de fidélité à l’Angleterre et s’approprier leur pays.[1]

Après ce que l’on vient de dire, M. de la Galissonnière n’ayant point de discrétion à exercer, devait prendre des mesures pour la conservation des droits de son pays, et c’est ce qu’il fit ; il y envoya des troupes et il donna ses ordres pour repousser même par la force les Anglais s’ils tentaient de sortir de la péninsule et de s’étendre sur le continent ; et il écrivit à M. Mascarène à la fois pour se plaindre de sa conduite à l’égard des habitans de St.-Jean, et pour l’engager à faire cesser les hostilités qui avaient continué contre les Abénaquis, quoique ceux-ci eussent mis bas les armes dès que le traité d’Aix-la-Chapelle avait été connu. Ces plaintes donnèrent lieu à une suite de lettres assez vives que s’écrivirent mutuellement le marquis de la Jonquière et M. Cornwallis, qui avaient remplacé, le premier le comte de la Galissonnière, et le second M. Mascarène, en 1749.

Cependant jusque là le gouvernement français était manifestement dans son droit. Mais M. de la Galissonnière avait formé un projet qu’il communiqua à la cour et qu’il réussit à lui

  1. Mémoire du duc de Choiseul, ministre de France. — Mémoire anonyme sur les affaires du Canada.