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DU CANADA.

par la conquête et des résistances féodales sont nées les alliances des intérêts lésés, et de ces alliances tout le système municipal et parlementaire de la Grande-Bretagne.[1] Les colons américains importèrent avec eux, comme un dépôt sacré, ce système municipal et parlementaire, première cause de leurs succès futurs.

L’époque de l’établissement de l’Amérique septentrionale est remarquable par la révolution qui s’opérait dans les esprits chez toutes les nations et particulièrement en Angleterre, où le peuple, ne se contentant pas de vaines théories, réclamait la mise en pratique de ces grands principes sociaux, que la marche de la civilisation et les doctrines chrétiennes commençaient à développer aux yeux de la multitude. Ce peuple fut le premier qui posséda, dans son parlement, l’arme nécessaire pour lutter avec avantage contre le despotisme. Jacques I donnait le nom de rois[2] aux membres des Communes, à ceux même que Henri VIII avait traités de brutes, tant s’était accrue déjà leur puissance. Les principes de la liberté, les

  1. Maillefer.
  2. Un comité de la chambre des communes devait lui présenter une adresse. Il ordonna que douze siéges fussent apportés pour les membres de ce comité, « car, dit-il, ce sont douze rois qui viennent ».