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terre si épaisse que l’on n’est pas encore parvenu à les dégager.

Nous n’en connaissons qu’un, debout à la surface du sol, et c’est encore un tombeau : le mausolée de Dougga.

Ce monument a une importance capitale pour l’histoire de l’art : il mérite qu’on s’y arrête.

Il a été construit au IVe siècle avant notre ère, pour servir de tombeau à un prince d’une dynastie punico-berbère, d’ailleurs inconnue, qui régnait alors sur le pays de Thugga. Une inscription bilingue, libyque et punique, qui se trouvait encore placée, au commencement de ce siècle, sur la face est du monument, nous fait connaître le nom de ce prince et la longue généalogie de ses ancêtres royaux. Ce document, qui a donné la clef et fixé le sens de plusieurs caractères de l’écriture libyque, était d’une valeur inappréciable.

En 1842, Th. Read, consul général d’Angleterre à Tunis, fit démolir, pour s’approprier l’inscription, toute la paroi dans laquelle elle était encastrée. Vendue à sa mort, elle est aujourd’hui conservée au British Museum, tandis que les blocs de pierre qui l’encadraient jonchent le sol autour du mausolée.

Deux compatriotes de Th. Read, Bruce et Catherwood, avaient heureusement pris, dès le commencement de ce siècle, des dessins très exacts de l’édifice. En s’aidant de leurs esquisses pour compléter les indications que nous fournissent les ruines dans leur état actuel, l’on peut arriver à reconstituer par la pensée le monument tel qu’il devait se présenter primitivement.

Il se rattache, ainsi que l’a remarqué M. Saladin, à la série de mausolées carrés surmontés d’une pyramide, qui