Page:Gauckler, Paul - L'archéologie de la Tunisie (1896).pdf/9

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groupés dans plus de deux cents cités[1], et qui produisaient des bois de construction ou de luxe, des céréales, des fruits, du vin, même de l’huile lorsque Annibal eut propagé la culture en grand de l’olivier.

De toute cette brillante civilisation il ne nous reste rien, si ce n’est des tombeaux. Il faut, quoi qu’on ait pu dire, décidément renoncer à reconnaître, dans les ruines des thermes romains d’Utique, les restes grandioses du palais amiral et du port militaire carthaginois ; à retrouver autour de Carthage, d’Hadrumète, de Thysdrus, de Leptis minor, de Thapsus, une triple enceinte de remparts étages, avec leurs courtines, leurs bastions, leurs portes et leurs tours.

Par contre, les documents relatifs à la civilisation punique abondent dans le sous-sol. On les découvre par milliers dans ces vastes nécropoles souterraines, forées généralement en plein roc, qui s’étendent aux abords de tous les centres phéniciens de quelque importance, comme à Vacca (Béja), Bulla-Regia, Thubursicum Bure (Teboursouk), Hadrumète (Sousse), Ruspina (Monastir), Leptis minor (Lemta), Sullectum près de Mahdia : elles se ressemblent toutes comme disposition générale ; leur mobilier est le même que celui des tombeaux étudiés par le P. Delattre à Carthage. Elles nous renseignent sur les coutumes funéraires et sur la vie privée punique, mais là se bornent leurs indications.

Quant aux restes d’édifices publics, religieux ou civils, aux monuments d’architecture punique, ils ont disparu sans laisser de traces, ou sont enfouis sous une couche de

  1. Appien, I, 3.