Page:Gaume - L'europe en 1848, 1848.djvu/37

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XXII.

Participation aux bénéfices.

On propose de considérer toute exploitation industrielle ou agricole, tout établissement de travail quel qu’il soit, comme une industrie exploitée par actions. Les sociétaires sont de deux sortes : les bailleurs de fonds et les travailleurs ; les premiers donnent leur intelligence et leur argent, les seconds leurs bras.

A la fin de chaque année on fait un inventaire, aussi exact que possible, des bénéfices de l’établissement. Tous les sociétaires y participent, les uns au prorata de leur mise de fonds, les autres au prorata de leur travail[1].

Sur le revenu brut on prélève une somme à porter à la réserve, une autre destinée à l’amortissement du matériel, une troisième enfin, destinée à secourir les blessés, les malades et à solder les pensions.

L’expérience prouve que ce système peut être pratiqué avec succès dans certaines industries. Mais un obstacle particulier semble ne pas permettre de l’étendre à toutes. Cet obstacle se trouve dans la difficulté de faire l’inventaire qui doit, comme on l’a vu, servir de base au partage des bénéfices. Quand il s’agit de produits qui ont une valeur intrinsèque, comme le blé, le vin, etc., ou qui se mesurent au mètre, comme les étoffes ou le badi-

  1. Dans chaque établissement on peut appliquer le même principe à une commande en particulier.