Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/162

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Après quelques instants, Mahomet revint à lui ; il essuya son front, couvert de sueur, quoique l’on fût en hiver, et regarda Aïchah en souriant.

— Réjouis-toi, lui dit-il, ton innocence m’a été révélée d’en haut.

— Dieu soit loué ! s’écria-t-elle ; il a daigné prendre la défense d’une faible et indigne créature comme moi.

Le Prophète sortit aussitôt de la maison et récita aux musulmans les versets du Koran qu’il venait de recevoir du ciel.

On trouve les versets dont il s’agit au vingt-quatrième chapitre du Koran. Ils commencent ainsi :

« Ceux qui accuseront d’adultère une femme vertueuse, sans pouvoir produire quatre témoins, seront punis de quatre-vingts coups de fouet ; au surplus, vous n’admettrez plus jamais leur témoignage en quoi que ce soit, car ils sont pervers. »

Cet oracle fit cesser les propos. Les accusateurs confondus devinrent l’objet de la répro-