Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/172

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sous le rasoir. Nazare, triste et fier, se soumit sans résistance. Mais, l’opération terminée, il apparut plus ravissant encore qu’auparavant à l’assistance ébahie.

— Certes ! s’écria le khalife, avec un rire ironique, te voilà mieux encore que tout à l’heure ! Cette chevelure coupée, comme un voile que l’on enlève nous a révélé des charmes nouveaux.

— Pourquoi me railler ainsi, émir des croyants ? Quelle faute ai-je commise pour être si durement traité ?

— Ah ! la faute serait à moi, je serais vraiment criminel, si je laissais vivre, dans la Ville Sainte, un homme qui a fait perdre ainsi toute pudeur aux femmes : je t’ordonne de quitter la Mecque et de n’y jamais revenir. Le chameau qui doit t’emmener à Bassora t’attend dans la cour.

À ce moment la mère de Nazare s’avança tout en larmes :

— Successeur du Prophète ! s’écria-t-elle, nous serons un jour tous deux en présence