Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/175

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une femme qui l’embrasse et le serre dans ses bras, en grand secret viens m’avertir.

La nourrice promit d’obéir et s’en alla, emportant le nouveau-né.

Elle lui donna ses soins avec amour, et l’enfant s’épanouit comme une fleur d’une extrême beauté. Un jour qu’elle se promenait en le tenant sur son bras, la nourrice vit s’approcher une esclave qui, sans hésiter, l’aborda.

— Par les jours de son balcon, lui dit-elle, ma maîtresse a aperçu cet enfant ; il lui a semblé si joli qu’elle te prie de le laisser venir un moment près d’elle. Cela égayera sa solitude. Je te le ramènerai bientôt.

— Je consens à te suivre, répondit la nourrice, mais je ne me sépare pas de mon enfant.

L’esclave la guida vers une maison somptueuse et l’introduisit dans le harem. Une belle jeune fille, à l’air noble et fier, les attendait. Lorsqu’elle vit l’enfant, une émotion extrême l’agita ; elle l’attira près d’elle, le prit sur ses genoux, lui baisa les cheveux en lui disant mille tendresses ; les friandises les plus