Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/258

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Le visage de la jeune fille était blanc comme de la crème, sa petite bouche un peu épaisse, avivée de fard, s’entr’ouvrait en découvrant deux rangs de grains de riz ; elle avait les sourcils rasés et remplacés par deux petites taches noires faites au pinceau et placées très haut sur le front ; suivant la mode des princesses, ses longs cheveux, dénoués, ruisselaient sur son dos, se perdant dans les plis des robes.

Les filles d’honneur formaient un demi-cercle autour de leur maîtresse, et, en face d’elle, de l’autre côté d’une légère balustrade sculptée, une danseuse, en robe longue, dont les manches flottaient, imitant des ailes, coiffée d’un étrange bonnet d’or, posé au sommet de la tête, dansait lentement en agitant un éventail. Un orchestre de musiciens l’accompagnait, jouant du gotto, du biva, de trois espèces de flûtes, du tambour et du tambourin.

À l’entrée du prince, la symphonie cessa et, vivement, Fiaki se cacha la bouche derrière une des toiles d’araignée de sa manche, ce