Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/265

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pas une chaumière dans la campagne où l’on ne fût occupé, fiévreusement, à fabriquer des fleurs ; et qui eût regardé du haut du palais de Kanga, un peu après le milieu de la nuit, le parc et les alentours, aurait cru reconnaître dans les milliers de lanternes qui roulaient, sautaient, couraient à fleur du sol, l’armée effrayante des feux follets, conduite par les renards.

Mais à cette heure-là, l’illustre Daïmio ronflait, derrière un paravent en bois de fer incrusté d’or, et l’incomparable princesse, à la lueur, tamisée par de minces feuilles de nacre, d’un grand lampadaire, se soulevait à demi sur sa couche, et feuilletait un livre, cherchant, pour l’emporter dans son rêve, un poème sur le printemps.


Ses femmes finissaient de l’habiller, lorsque Fiaki, le lendemain matin, entendit la musique d’un orchestre et les chants de voix nombreuses éclater sous ses fenêtres.

— Ah ! c’est vrai, c’est ma fête aujourd’hui,