Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/275

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meille, et son esprit abandonné retourne aux ornières anciennes, revit la vie reniée. Komati était peut-être dans un de ces instants-là, car l’apparition du cavalier sur le chemin lui fit oublier les splendeurs du couchant et retint toute son attention.

Cent fois elle avait vu passer des seigneurs et des princesses, ses compagnons d’autrefois, sans même tourner la tête, sans songer à les reconnaître ; pourquoi remarquait-elle celui-ci ?

Elle s’efforçait, malgré la distance, de distinguer les insignes qui devaient être brodés sur les manches de ce cavalier que, sans doute, elle avait connu, et elle clignait des yeux sous l’éclat du ciel.

Sur son cheval, qui semblait changé en pierre, la silhouette de l’inconnu avait une singulière élégance, mais il se détachait en sombre de l’horizon clair, et l’on ne pouvait rien voir de sa toilette, excepté la poignée de ses sabres, sur l’une desquelles il appuyait la main. Il se tenait en travers de la route, regardant du cote de Kioto, et paraissant attendre.