Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tait au front et elle se réjouissait de la vengeance.

Ce jour-là, morne, pâlie, la tête basse, plus écrasée que jamais sous le poids de son vain amour, elle errait lentement au bord du Nil.


Tout à coup, un cortège triomphal déboucha d’une rue, et elle s’arrêta machinalement pour le voir passer.

Des hérauts marchaient en tête, proclamant les dignités du triomphateur.

Pharaon, préféré d’Ammon-Ra, dit :

« Puisque Dieu t’a fait connaître les choses mystérieuses, et que tu m’as révélé mes songes, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple te baisera la bouche ; moi seul serai plus grand que toi sur mon trône.

« J’ai ôté mon anneau de ma main et je l’ai mis dans la tienne, et je t’ai fait revêtir d’habits de fin lin, et je t’ai passé un collier d’or au cou. Tu monteras sur un char magnifique, le plus beau après le mien, et l’on criera qu’on s’agenouille devant toi.