Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/67

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Ayant atteint le portique royal, elle voulut passer, mais les gardes la reçurent la pique haute. Brutalement ils la repoussèrent, la pourchassant, et elle serait tombée sous leurs coups, si un inconnu ne s’était jeté au-devant d’eux et ne l’avait reçue dans ses bras.

— Laissez-la, dit-il aux gardes, c’est ma sœur, elle a l’esprit égaré.

— Ne voyez-vous pas qui je suis ? criait-elle, ne reconnaissez-vous pas votre princesse royale ?

— Taisez-vous, dit l’inconnu en se penchant vers elle, on pourrait vous saisir et vous emprisonner ; alors tout serait perdu. La malédiction, qui poursuit ceux qui possèdent le Livre, pèse sur vous.

En entendant cela, Tantyris regarda celui qui lui parlait. Il avait le corps tout lacéré et meurtri, comme si une bête féroce l’avait à moitié dévoré ; mais la douceur de son regard et la noblesse de son visage inspiraient la confiance et le respect.

— Qui donc êtes-vous ? dit-elle.