Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/88

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Jacob, un sceptre s’élève d’Israël ! » Voyez ! Jamais, depuis le jour où naquit Moïse, Kévan ne s’est rencontré avec Ormuz, sous une étoile chevelue ; les tables célestes en font foi ! Mais l’étoile du mage illustre, qui vécut quarante ans dans notre patrie, n’était pas aussi splendide que celle-ci. Et qui donc peut surpasser Moïse ? Quel est l’être surnaturel qui vient d’entrer dans la vie ? qui donc, si ce n’est le Messie promis au monde, annoncé par les prophètes ; le sceptre devant lequel s’inclineront tous les sceptres, le roi des mages et des rois ? Zaphikiel, l’archange assis sur la planète Kévan, et celui dont le trône est Ormuz : Zadukiel, m’ont fait signe, tous deux, de partir sans tarder, pour saluer le divin enfant dans le pays où il est né. Allez ! faites préparer les offrandes les plus riches, et que je puisse me mettre en route avant que l’étoile ait disparu du ciel.

Et, selon les ordres du roi, la caravane s’est formée. Elle est partie avant l’aurore, brillante cohue de soldats, d’esclaves, et de chameaux