Page:Gautier - Histoire du romantisme, 1874.djvu/62

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V


GRAZIANO



Bien souvent, en faisant ce long trajet de Neuilly à Paris, philosophiquement grimpé sur l’impériale de l’omnibus où du moins l’on jouit de la liberté du cigare et même du brûle-gueule, sur l’avenue de la Grande-Armée, un peu avant d’arriver au rond-point de l’Arc de l’Étoile, nos yeux se tournent par un mouvement involontaire vers une petite maison basse, n’ayant qu’un rez-de-chaussée à demi enfoui et faisant brèche dans une ligne de hautes et belles façades élevées depuis la construction déjà ancienne de la masure.

Le cabaret — car c’en est un — n’a rien de curieux en lui-même et n’est pas même pittoresque. Il est poissé d’un rouge violent qui participe du sang et du vin, et rappelle le néo-rouge-antique du vieux roi Louis de Bavière. On ne s’explique pas pourquoi