Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/208

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L’ORIENT.

car les modes asiatiques ne changent guère.

« Ces personnes étaient vêtues, par-dessus les gilets qui pressent la poitrine et le chetyan (pantalon) à longs plis, de longues robes de soie rayée ; une lourde ceinture d’orfèvrerie, des parures de diamants et de rubis témoignaient d’un luxe, très-général d’ailleurs, en Syrie, même chez les femmes d’un moindre rang. Quant à la corne que la maîtresse de la maison balançait sur son front et qui lui faisait faire les mouvements d’un cigne, elle était de vermeil ciselé avec des incrustations de turquoises ; les tresses de cheveux entremêlés de grappes de sequins ruisselaient sur les épaules, selon la mode générale du Levant. Les pieds de ces dames repliés sur un divan ignoraient l’usage du bas, ce qui, dans ce pays, est général et ajoute à la beauté un moyen de séduction bien éloigné de nos idées. Des femmes qui marchent à peine, qui se livrent plusieurs fois par jour à des ablutions parfumées, dont les chaussures ne compriment pas les doigts, arrivent, on le conçoit bien, à rendre leurs pieds aussi char-