Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/212

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L’ORIENT.

des usages inconnus, la plupart inacceptables pour elle, et que sa nature inculte et illettrée n’aurait pas su comprendre. Et Gérard tout perplexe regardait d’un air attendri cette femme qu’il aimait un peu, après tout, et plus peut-être qu’il ne se l’avouait à lui-même. L’abandonner, il n’y fallait pas penser, et il lui répugnait de la revendre, expédient par trop oriental et barbare. Ce qui serait arrivé, nul ne peut le prévoir, et Gérard le savait moins que personne, si le hasard, « ce grand dénoueur de trames, » n’avait changé la face des choses, dans ce petit roman turc, par l’introduction d’un nouveau personnage.

Quand Gérard au retour de son expédition guerrière alla voir Zeynab, madame Carlès tenait sa classe à l’ombre d’un tendido, dans la cour de sa maison, ancienne résidence du consul de France, comme le témoignaient les fleurs de lis à moitié dédorées de l’écusson national blasonné sur les murs. Les petites filles accroupies en cercle autour du divan de la maîtresse répétaient toutes ensemble la