Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/238

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L’ORIENT.

Bientôt rétabli sous le climat de Stamboul, qui ressemble à celui de nos villes du Midi, Gérard se trouva fort perplexe, et il expose ainsi ses irrésolutions : « Que résoudre ? Si je retourne en Syrie plus tard, je verrai renaître cette fièvre que j’ai eu le malheur de prendre — c’est l’opinion des médecins. — Quant à faire venir ici la femme que j’avais choisie, ne serait-ce pas l’exposer elle-même à ces terribles maladies qui emportent dans les pays du Nord les trois quarts des femmes d’Orient qu’on y transplante ? Après avoir réfléchi sur tout cela avec la sérénité d’esprit que donne la convalescence, je me suis décidé à écrire au cheick pour dégager ma parole et lui rendre la sienne. »

Ainsi finit ce petit roman oriental. Gérard regretta-t-il beaucoup Salèma ? nous en doutons. Sans se l’avouer à lui-même, il pensait comme Chamfort « qu’il n’y a en amour que des commencements. » — Il se plaisait à disposer sa vie comme un drame ; il provoquait les aventures, arrangeait les situations, se passionnait pour l’héroïne, déployait beau-