Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/247

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
235
EN CHINE.

d’Hyde-Park’s-Corner, lorsqu’un tintamarre des plus singuliers vint nous faire tressaillir.

Les vibrations prolongées d’un gong, mêlées aux sons stridents d’une espèce de flûte et aux roulements précipités d’un tambour, causaient ce tapage, qui n’était autre chose qu’un concert. De temps en temps une voix jeune, nasillarde et plaintive chantait avec ce gloussement oriental, si bizarre pour nous, des syllabes aux intonations inconnues, mais que leur rhythme sensible annonçait être des vers.

Nous quittâmes aussitôt l’auvent recouvert en écailles d’huîtres transparentes, d’où nous regardions la chapelle de Bouddha, et nous descendîmes à l’étage inférieur de la cabine, transformé en chambre de musique, par un escalier à rampe de bambou, et nous nous trouvâmes en face des instruments et des exécutants, aussi curieux pour nous les uns que les autres.

Certes, un objet qui vient d’un pays aussi hermétiquement fermé que la Chine, costume, vase, bronze, offre toujours un vif intérêt ; car un peuple, quelque mystérieux qu’il