Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/252

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L’ORIENT.

la paume de la main en dedans, ce qui est le contraire de notre habitude, et tout à l’heure nous verrons ce mouvement répété par le scribe et le peintre, car il se relie à toute une série de procédés, à la perpendicularité de l’écriture, d’abord, et ensuite au besoin de tracer des lignes nettes et légères, principal mérite de la peinture chinoise.

Quelques-uns de ces mouvements sont gauches comme ceux des enfants qui s’essayent a quelque travail qu’ils ne savent point faire ; d’autres sont gracieux comme ceux des animaux en liberté. Les uns appartiennent à la domestication, les autres à la nature, qui n’est point encore effacée.

Autour de cette cabine, dans des armoires vitrées, étaient rangées une foule de curiosités, petits souliers de mandarine où Cendrillon et Rhodope n’eussent pu fourrer que le bout de leur orteil ; coffrets découpés à jour, espèce de filigrane d’ivoire à décourager la patience des fées ; potiches de porcelaine rare ; racines de mandragore bizarrement contournées, et mille autres menus objets de