Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/270

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L’ORIENT.

reines-marguerites en buvant des tasses de Sou-chon comme on en voit dans les peintures des écrans. Les potiches, les paravents, les cabinets et les émaux cloisonnés ne sont plus nos seuls renseignements. Parmi les promeneurs de l’Exposition, plus d’un a pénétré dans le mystérieux palais où le fils du ciel passait la saison d’été.

Ce n’en est pas moins une sensation singulière que de voir s’élever, en un coin du Champ-de-Mars, une de ces maisons bizarres, aux légers treillis de bambou, aux balustrades coudées en grecques, aux piliers vernis, aux portes rondes, aux toits recourbés, dont les arêtes sont hérissées de dragons, aux longues pancartes historiées de pièces de vers ou de sentences morales, qu’on ne connaissait encore que par les images sur papier en moelle de roseau des albums de Lam-qua. On est tout étonné que la maison chinoise daigne se soumettre aux lois de la perspective comme une construction européenne et ne décrive pas des angles extravagants.