Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/108

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L’ORIENT.

comparaître, et l’explication se résout dans une mêlée générale où tous les turbans roulent à terre.

La chute des turbans est un puissant moyen de comique dans les pièces turques. Rien, en effet, n’est plus drôle que de voir apparaître ces crânes rasés, bleuis, sur lesquels se tord, comme une queue de potiron, une mèche unique de cheveux. Le Franc promet de payer le hammal sur ses gains futurs, et la paix se rétablit momentanément.

Le commerce de raki ne prospère pas : le Franc et son valet sont les meilleures pratiques du cabaret. Il faut des attractions plus fortes pour achalander la boutique : on engage des musiciens et des danseuses.

Les danseuses sont de jeunes garçons travestis, car la pudeur turque ne permet pas que des femmes paraissent en public.

Le hammal persécuteur embrasse les danseuses et dérange tout ; une volée de bois vert le met en fuite et le force à se réfugier sur un arbre, ce qui permet la continuation des exercices chorégraphiques.