Page:Gautier - La Chanson de Roland - 2.djvu/18

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« l’Augalie d’Orient », oncle de Marsile et de Baligant, propose d’incendier la Navarre. Une grande bataille s’engage, et c’est pendant le plus fort de cette journée que le neveu de Charles s’échappe, pour aller faire la conquête de Nobles. (Ibid., f° 125-213.) C’est ici que l’auteur de l’Entrée en Espagne abandonne Marsile, et fait voyager Roland en Orient. (Ibid., f° 217 et ss.) ═ Mais l’auteur de la Prise de Pampelune nous ramène vers Marsile, et la scène de notre légende est encore une fois transportée en Espagne... Marsile, de nouveau, met Malceris à la tête d’une armée immense. Une bataille terrible est livrée : l’Empereur des Français est sur le point de périr, quand il est sauvé par Didier le Lombard. (Prise de Pampelune, poëme du premier quart du xive siècle, éd. Mussafia, vers 1353-1830.) Deux ambassadeurs sont envoyés par Charles au roi païen : c’est Basan de Langres et Basile. Marsile les fait pendre, et ce souvenir est rappelé dans notre Chanson de Roland. (Ibid., v. 2597-2704.) Ganelon, qui était l’instigateur de cette première ambassade, ne se décourage point et en fait envoyer une seconde à Marsile : c’est Guron qui est chargé de cette très-périlleuse mission. (Ibid., 2740-2876.) Il est traîtreusement attaqué par Malceris, voit mourir ses deux compagnons et parvient à grand’peine à aller mourir lui-même, criblé de blessures, aux pieds de Charlemagne indigné. (Ibid., 3140-3650 f°.) Alors les Français battent Malceris (Ibid., 3851-5128), entrent dans Tolède (4838-4880) et dans Cordoue (5129-5704), prennent quatre autres villes, Charion, Saint-Fagon, Masele et Lion (Ibid., 5704-5773), et mettent le siége devant Astorga. (Ibid., 5773-6113.) ═ Dans le roman de Gui de Bourgogne (ce poëme est de la seconde moitié du xiie siècle), Marsile ne tient pas une moindre place. C’est à Marsile qu’en réalité le héros de la Chanson enlève successivement Cariaude, Montescler, Montorgueil, Augorie et Maudrane ; c’est Marsile encore qui est frappé quand Gui fait baptiser de force le Sarrazin Huidelon et trente mille païens. (Gui de Bourgogne, v. 392-3717.) Les jeunes chevaliers qui arrivaient de France, sous le commandement de Gui, ce jeune vainqueur, sont un jour réunis à l’ost de Charlemagne et y retrouvent leurs pères ; mais les uns et les autres n’en sont que plus animés contre Marsile. On veut en finir avec lui, et Charles, après avoir vu Luiserne miraculeusement engloutie (Ibid., 4137-4199), prend avec toute son armée le chemin de Roncevaux. (Ibid., 4300-4301.) ═ Dans notre Chanson de Roland, le rôle de Marsile est connu. C’est lui qui tient conseil contre les Français ; c’est lui que Blancandrin décide à agir par la ruse ; c’est lui qui se fait, avec ce perfide conseiller, le complice de la trahison de Ganelon et qui comble le traître de présents ; c’est lui qui attaque Roland à Roncevaux et qui, vaincu, lance, en s’enfuyant, de nouvelles troupes contre lui. Mais le roi païen a perdu le