Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/152

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donné l’alarme, et toute la cour revenait en arrière.

On aperçut bientôt le prince causant avec Signénari. On les rejoignit, on les entoura en les questionnant. Les chiens aboyèrent, quelques chevaux se cabrèrent ; les fauconniers rappelaient les oiseaux qui refusaient d’obéir et continuaient à poursuivre leur proie.

— Qu’est-il arrivé ? disait-on.

— C’est un messager.

— Il apporte des nouvelles d’Osaka ?

— De mauvaises nouvelles !

Kagato conduisit Signénari devant la Kisaki.

La reine montait un cheval blanc couvert d’un réseau de perles et orné au front d’une houppe de soie.

— Voici le plus brave de tes soldats, dit Nagato en désignant Signénari. Il vient d’Osaka.

Signénari s’inclina profondément, puis reprit son attitude grave et réservée.

— Parle, dit la Kisaki.

— Divine souveraine, c’est avec douleur que je viens troubler tes plaisirs, dit Signénari, mais je dois t’apprendre que la paix de ton royaume est menacé. Hiéyas a soulevé une partie du Japon ; il se prépare à attaquer Osaka, afin d’usurper le pouvoir confié par le céleste mikado à ton serviteur Fidé-Yori.

— Est-ce possible ! s’écria la Kisaki. Hiéyas oserait commettre un pareil crime ! Cet homme n’a donc pas d’âme que, pour satisfaire son ambition insatiable, il n’hésite pas à armer les frères contre les frères et à faire couler sur le sol du Japon le sang des fils du Japon ? ? Es-tu certain de ce que tu avances ?

— La nouvelle est parvenue cette nuit à Osaka par plusieurs messagers envoyés précipitamment par les princes ; ceux-ci se hâtent de fortifier leurs provinces.