Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/16

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Une vague émotion troubla le cœur du prince. Il se tut et se laissa envahir par cette impression pleine de douceur. Il eût voulu demeurer ainsi longtemps, en silence, au milieu de ces chants d’oiseaux, de ces parfums, près de cette enfant agenouillée.

— Apprends-moi qui tu es, toi qui me sauves de la mort, dit-il enfin, et indique-moi la récompense digne de ton courage.

— Je me nomme Omiti, dit la jeune fille ; je ne peux rien te dire de plus. Donne-moi la fleur que tu tiens à la main, c’est tout ce que je veux de toi.

Fidé-Yori lui tendit la branche de citronnier ; Omiti la saisit et s’enfuit à travers le bois.

Le siogoun demeura longtemps immobile à la même place, soucieux, regardant le gazon foulé par le poids léger d’Omiti.