Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/173

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Il aida son maître à revêtir un costume sans ornements, puis le prince ouvrant un coffre enveloppa dans sa ceinture une somme considérable.

— En route, maintenant, dit-il en s’approchant du souterrain.

Loo regarda cette trappe ouverte sans manifester la moindre surprise. Une lanterne allumée était posée sur la dernière marche ; il prit la lanterne et commença à descendre ; le prince le suivit et referma la trappe. Ils descendirent alors cinquante marches et se trouvèrent dans un petit carrefour duquel s’éloignaient deux étroits couloirs.

Une odeur de terre humide et un froid glacial régnaient en cet endroit.

— De quel côté allons-nous, maître ? demanda Loo en regardant les deux routes divergentes.

Le prince s’orienta un instant.

— Prenons à droite, dit-il.

Ils s’engagèrent dans l’étroite galerie, soutenue de loin en loin par de larges poutres de bois noir, et marchèrent une demi-heure environ ; ils arrivèrent alors au pied d’un escalier qu’ils gravirent. Cet escalier débouchait dans la chambre unique d’une maison de pêcheur.

— Nous sommes arrivés, dit Nagato en jetant un regard autour de lui.

La chambre était déserte et presque vide, quelques filets noircis formaient comme une draperie sur les murailles ; dans un coin un léger bateau était couché sur le flanc.

— Ça n’est pas beau ici, dit Loo d’un air dédaigneux.

La porte était fermée intérieurement par une barre de fer, Nagato la souleva et fit glisser le panneau dans sa rainure.