Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/215

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Il disait cela avec orgueil en redressant la tête, mais sa voix tremblait et des larmes lui venaient aux yeux.

Les nouvelles se précisèrent. Les princes de Figo et de Toza menaçaient Osaka ; ils menaçaient aussi la province de Nagato.

Le père d’Ivakoura mit l’armée sur pied ; il envoya des troupes vers les frontières.

— Nous avons un allié, le prince d’Aki, disait-il, d’ailleurs on ne nous attaquera pas, ce n’est pas à nous qu’on en veut.

Il se trompait. Les soldats, envoyés par lui, n’avaient pas encore atteint les limites du royaume que déjà le prince de Toza débarquait sur les côtes de la mer intérieure.

Plein d’inquiétude, le prince fit parvenir une députation au seigneur d’Aki, son voisin. Celui-ci déclara qu’il désirait rester neutre dans cette guerre.

— C’est un traître ! un infâme ! s’écria le vieux Nagato, quand ses envoyés lui rapportèrent cette réponse ; eh bien, nous nous défendrons seuls, sans l’espoir de triompher, c’est vrai, mais avec la certitude de ne pas amoindrir l’éclat de notre gloire ancienne.

Lorsqu’il fut seul avec Fatkoura, le seigneur laissa paraître son abattement.

— Je fais des vœux, lui dit-il, pour que mon fils demeure auprès du siogoun et ne revienne pas ici. Attaqué par trois puissances nous ne pouvons vaincre ; s’il était là, il se ferait tuer, et qui nous vengerait ?

Des cavaliers entrèrent au château. Le seigneur pâlit lorsqu’il les vit. Ils portaient les insignes de Nagato sur leur bouclier.