Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/235

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— Si je ne puis lui parler, je jetterai le sabre par cette fenêtre ouverte, devant lui.

Elles marchaient toujours, elles descendaient une petite pente.

Tout à coup Fatkoura se sentit enlacée par un bras vigoureux qui la retint en arrière.

— Encore un pas et tu tombais dans un fossé profond qui est là, à fleur de terre, dit une voix.

Fatkoura reconnut le prince de Toza.

— Tout est fini, murmura-t-elle.

Il la tenait toujours elle faisait tous ses efforts pour se dégager de cette étreinte ; elle n’y parvenait pas.

— C’est ainsi que tu me remercies de t’avoir sauvé la vie, dit-il ; heureusement, j’étais prévenu de la promenade que tu comptais faire ce soir, et je t’ai suivie pour te préserver de tout danger. Crois-tu donc que chacune de tes paroles, chacun de tes mouvements ne me sont pas rapportés fidèlement ? crois-tu que j’ignorais le projet insensé que tu as formé de délivrer ton fiancé ou de lui fournir le moyen d’échapper à ma vengeance ?

— Lâche-moi, infâme gémissait Fatkoura en se débattant.

— Non, dit le prince, tu resteras sur mon cœur. Le contact de ta taille souple m’enchante. Je suis décidé à t’aimer malgré toi. Cependant je veux faire une dernière tentative pour conquérir ton amour. Accorde-le-moi et je te permets d’aller porter à Nagato ce sabre que tu as dérobé à un de mes soldats.

— Cette proposition est bien digne de toi dit Fatkoura avec mépris.

— Tu refuses ?