Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/330

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XXV


CONFIDENCES


Une joie folle emplissait Osaka. Cette ville de plaisir, de luxe, de fêtes perpétuelles avait en horreur la guerre, les conflits politiques, les deuils, toutes choses qui l’empêchaient de se divertir : le divertissement étant, pour les habitants, le but principal de la vie. C’était donc fini ! On pouvait donc remplacer le visage qu’allongeaient la tristesse et l’inquiétude par la face élargie et épanouie dans le rire. À la première nouvelle de la paix, toute la ville se mit à danser, les matelots sur les quais du Yodo-Gava, les marchands au seuil de leurs maisons, les serviteurs dans les cours des palais. Les riches particuliers, les fonctionnaires, les nobles n’étaient pas moins satisfaits, s’ils mettaient un peu plus de réserve dans la manifestation de leur joie. Les princesses surtout étaient heureuses : confinées dans leurs palais, séparées de leurs époux, elles avaient cru vieillir dans cette guerre. On se ré-