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XXVI


LE GRAND THÉÂTRE D’OSAKA


Sur un des plus vastes canaux qui coupent en tous sens la ville d’Osaka, le théâtre déploie sa large façade, surmontée de deux toitures. On peut donc arriver au spectacle en bateau ; on peut aussi s’y rendre à pied ou en norimono, car un quai, pavé de dalles grises, s’étend devant le bâtiment et le sépare du canal.

Deux gigantesques bannières en soie bleue, couvertes de caractères chinois, sont accrochées à des mâts à chaque angle de la façade, elles dépassent de beaucoup les toits de l’édifice. Sur de grands tableaux, à fond d’or, les scènes principales des pièces que l’on va représenter sont peintes avec une richesse de couleur inouïe. On voit des guerriers, des princesses, des dieux, des démons, dans les attitudes les plus exagérées. Souvent la peinture est remplacée par une combinaison d’étoffes, disposées en relief velours, crêpe ou satin, qui figurent les vêtements des personnages,