Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/384

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mettre entre tes mains, dit-il avec une gravité triste qui frappa Nagato.

Il déploya la lettre avec un tremblement dans les doigts ; elle exhalait le parfum subtil qu’il aimait tant.

Elle était ainsi conçue :

« Le dixième jour de la cinquième lune, rends-toi dans la province d’Issé, au temple de Ten-Sio-Daï-Tsin, lorsque le soir sera venu, agenouille-toi au seuil du temple et reste en prière jusqu’à ce qu’un jeune prêtre s’approche de toi et te touche l’épaule, lève-toi alors et suis-le, il te conduira vers moi. »

Nagato se perdit en conjectures. Que signifiait ce singulier rendez-vous sur le seuil du temple de la déesse Soleil, dans la province d’Issé ? Était-ce un piège ? Non, puisque Farou-So-Chan était le messager. Mais alors il allait la revoir, toute inquiétude disparaissait devant cette joie.

Le dixième jour de la cinquième lune, c’était le surlendemain. Le prince n’avait que le temps d’arriver à l’heure prescrite ; il partit précipitamment.