Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/386

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les parties légères et subtiles s’élevèrent, elles furent le ciel.

Bientôt de la masse limoneuse et molle qui était la terre, s’éleva, parmi les brumes flottantes, une fleur velue, à demi ouverte, elle portait dans sa corolle le Dieu des Roseaux en Germe. Il veilla pendant d’innombrables années sur le monde naissant. Le Génie des Eaux vint après lui, et régna pendant mille millions d’années.

Pendant ces périodes incommensurables, les dieux s’étaient succédé dans le ciel. La septième des dynasties divines régnait alors dans l’éther.

Un jour, du haut d’un pont, jeté entre les nuages, le dieu Iza-Na-Gui et sa compagne Iza-Na-Mi regardèrent la terre.

— Partout je ne vois que l’immensité des eaux, dit le dieu.

Du bout de sa lance ornée de pierreries, il agita la surface de la mer, le limon se souleva, s’étendit au-dessus de l’eau et s’y arrêta. C’est ainsi que fut formée la première île du Japon. Bientôt elle se couvrit de végétations, elle se peupla de quadrupèdes et d’oiseaux et devint si charmante, qu’Iza-Na-Gui et sa compagne descendirent du ciel et vinrent l’habiter. Les oiseaux leur enseignèrent l’amour, et la déesse Soleil naquit, puis le couple divin donna le jour aux génies du vent, de la pluie, des montagnes métalliques, au dieu Lune « qui regarde à travers la nuit », enfin aux premiers hommes, dont la postérité peupla l’île. Alors les créateurs du Japon remontèrent au ciel, en confiant le gouvernement du monde à leur fille bien-aimée, la déesse Soleil.

Tous les sujets de la lumineuse divinité doivent, une fois au moins dans leur vie, faire un pèlerinage à son