Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/18

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V




Un matin, ma mère vint l’improviste.

La clé était sur la porte ; elle entra et fut tout de suite dans la seconde pièce.

Ma nourrice était en train de faire son lit, et comme, pour cela, je n’entendais pas être délaissée, elle me tenait sur un de ses bras et s’ingéniait à faire le lit d’une seule main.

— Eh bien ! est-ce que vous êtes folle ? s’écria ma mère, d’une voix sonore et rude ; fi ! que c’est vilain de fatiguer sa nounou comme cela.

Elle m’enleva, à mon grand déplaisir, et me mit à terre. Mais j’avais compris que je la fatiguais, Elle. C’est ce qui me frappa surtout dans cette scène, et la marqua dans ma mémoire.

C’est aussi le plus ancien souvenir que j’ai de ma mère.