Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/42

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XIII




J’ai une vision confuse du mariage de Marie : la porte grande ouverte, des gens inconnus, avec des rubans blancs à leur boutonnière, entrant et sortant, la chérie en toilette, un petit châle vert, orné de palmettes, attaché à ses épaules. C’est tout ce qui surnage, pour moi, de cet événement.

Je retrouve ensuite Marie, installée dans le logement donnant du côté de l’impasse, sur le même palier que nous.

Cela agrandissait mon domaine. Je pouvais maintenant courir d’un logis à l’autre, et j’étais bien souvent autour de Marie, qui était repasseuse, pour lui tendre à repasser des bouts de chiffons, beaucoup plus pressés que son ouvrage.

Le mari me fut simplement un esclave de plus. Comme il était très grand et très fort, je ne le ménageais pas : quand il était d’une