Page:Gautier - Le Japon (merveilleuses histoires), 1912.djvu/105

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gambadant, incommodé par les broussailles ; on voyait à nu ses mollets bruns et nerveux.

« Tu n’as pas de frère, seigneur Fûten ? dit Boïtoro en marchant à côté du jeune homme.

— Je n’ai pas de frère, c’est moi le chef de la famille, dit Fûten, en se donnant un air d’importance comique.

— Et tu te plais dans la société exclusive des femmes ?

— Le poisson nage dans la rivière où il est né. Pourtant, je prie tous les jours la déesse soleil de m’envoyer deux beaux-frères de mon goût.

— Avec la beauté dont sont douées tes sœurs, Ten-Sio-Dai-Tsin aura peu de chose à faire pour te protéger.

— Ah… tu ne les connais pas, s’écria Fûten, en mordant ses lèvres pour ne pas rire ; elles sont coquettes, capricieuses, dépensières, au point d’effrayer le mari le plus généreux.

— Eh bien, je serais heureux de me soumettre aux caprices de Yamata, » dit Boïtoro en poussant un soupir.

Fûten devint tout à coup sérieux.

« Si c’est au chef de famille que tu parles, dit-il, ne plaisantes plus. Tu voudrais épouser ma sœur : qui es-tu d’abord ?

— Je parlerai en mon nom et au nom de mon ami Miodjin qui aime ta plus jeune sœur, dit Boïtoro : nous ne sommes pas parents, et pourtant il est toute ma famille comme je suis toute la sienne : tous deux