Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/38

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« Il y a un puits, maître, dit le fellah en interpellant Argyropoulos ; que faut-il faire ? »

Le Grec se fit donner une torche, la secoua pour mieux l’enflammer, et la jeta dans la gueule sombre du puits, se penchant avec précaution sur l’orifice.

La torche descendit en tournoyant et en sifflant : bientôt un coup sourd se fit entendre, suivi d’un pétillement d’étincelles et d’un flot de fumée ; puis la flamme reprit claire et vive, et l’ouverture du puits brilla dans l’ombre comme l’œil sanglant d’un cyclope.

« On n’est pas plus ingénieux, dit le jeune lord ; ces labyrinthes entrecoupés d’oubliettes auraient dû calmer le zèle des voleurs et des savants.

— Il n’en est rien cependant, répondit le docteur ; les uns cherchent l’or, les autres la vérité, les deux choses les plus précieuses du monde.

— Apportez la corde à nœuds, cria Argyropoulos à ses Arabes ; nous allons explorer et sonder les parois du puits, car l’excavation doit se prolonger bien au-delà. »

Huit ou dix hommes, pour faire contrepoids, s’attelèrent à une extrémité de la corde, dont on laissa l’autre bout plonger dans le puits.

Avec l’agilité d’un singe ou d’un gymnaste de