Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/162

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Avec lui prit fin la sixième période du monde. La septième et dernière commençait, la plus parfaite. Et ce fut alors non plus l’Âme et la Raison Universelles qui s’incarnèrent dans un homme, mais Dieu lui-même.

Sa première manifestation fut le khâlife Hakem, qui régnait au Caire, et, après lui, son successeur, le khâlîfe Mostansér, fut dieu.

À cette époque, un homme obscur, un paysan, nommé Hassan ben Sabbah, ami du grand poète Omar Kheiyâm, se fit initier à la religion ismaïlienne. Voulant voir alors le chef auguste de la secte, il se rendit au Caire et fut bien reçu à la cour. Mais, après un an de séjour, devenu suspect d’ambition, il fut persécuté et exilé du pays. Il retourna en Perse, résolu à préparer sa vengeance. Il se mit à prêcher avec ardeur la doctrine ismaïlienne, répandit partout des missionnaires et parvint à fanatiser un grand nombre de nouveaux adeptes. Il se fit alors livrer le château fort d’AlamoUt, situé dans les montagnes, sur les rivages de la mer Caspienne, et, sans se révolter contre le pontife du Caire, se donnant seulement pour son mandataire, il établit sa puissance sur toute la contrée.