Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/292

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— Comment ? s’écria le roi en faisant un pas en arrière, il faudrait te laisser égorger les miens sous mes yeux, sans crier vengeance ?

— J’ai seulement fait justice et je t’ai vengé ! Écoute ce que ton évêque vient te dire.

Guillaume accourait, en effet, faisant de loin des gestes d’apaisement.

— Suspendez votre, colère, sire, dit-il, tout haletant. Le Templier qui a traîtreusement occis l’ambassadeur Boabdil, vient d’expier son crime. C’était ce Gauthier du Mesnil. J’ai reçu sa confession, qu’il me charge de rendre publique.

— Quoi ? dit Amaury, il venait me braver ici, se railler de moi ?…

— Pis que cela, seigneur : d’accord avec le sénéchal Milon de Plancy, il t’allait trahir. Une troupe de Templiers devait le joindre, ce soir même, pour tâcher de s’introduire, par ruse, dans le château, afin d’en piller les richesses et d’en égorger le maître.

— Milon ! traître !… lui que j’ai comblé de biens, s’écria le roi, en courbant la tête.

— Ne tardez pas, seigneur, dit l’évêque : ces soldats du Temple, il faut les découvrir et s’emparer d’eux.