Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/73

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en retombant, éclaboussait quelques rosiers en fleurs.

Le comte de Césarée alla s’étendre, dans une des salles, ouvrant sur la cour par un portique, sur un large divan recouvert d’un tapis de Bagdad. Mais à peine y était-il, soupirant d’aise au bien-être de son corps, que l’écuyer Urbain reparut, annonçant qu’un esclave, avec un message secret, attendait depuis longtemps.

— Eh bien, qu’il vienne ici, dit Hugues en bâillant.

Le messager entra. C’était un eunuque abyssin, à la peau de bronze, vêtu de pourpre. Il déposa près du divan un riche coffret, puis se retira sans une parole.

Mais le comte avait eu le temps de reconnaître un esclave au service de la princesse Sybille ; et il s’était relevé vivement.

Maintenant, il tenait le coffret entre ses mains, le regardant fixement, presque avec effroi. C’était une jolie boîte en marqueterie, ayant la forme d’un reliquaire, avec deux poignées dorées, à l’une desquelles était attachée une petite clef. Le jeune homme la détacha ; mais il ne se hâtait guère d’ouvrir. Il réfléchissait très profondément,