Page:Gautier - Les Roues innocents.djvu/125

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de ces billets qu’on a pu remarquer dans le tiroir de Florence, tout maculés de poudre noire destinée à en faire ressortir les caractères.


CALIXTE À FLORENCE.

« On lui a pris mon portrait, dis-tu, — une mauvaise femme bien effrontée… Il dormait, car il n’est pas accoutumé à veiller si tard, ce pauvre Henri… Tu crains que je n’aie été reconnue. Par qui ? Ce n’est pas possible. Je ne connais personne à Paris, et surtout parmi ces gens-là. Comme il doit être contrarié ! il y tenait tant à ce portrait !… c’était cependant pour toi que je l’avais peint. — On le lui rendra sans doute bientôt, car on n’en peut rien faire. — Il voit donc beaucoup toujours ce M. Rudolph, que je déteste et que je me représente comme le Méphistophélès des illustrations de Faust. Tâche de l’en empêcher, si tu peux. — Quel plaisir les hommes peuvent-ils donc trouver à fumer, à boire et à jouer toute la nuit ? Je suis sûre de Dalberg, mais je serai bien contente le jour où nous retournerons à C***. »


DE LA MÊME À LA MÊME.

« Ce que tu avais prévu est arrivé ; la mauvaise femme, voyant qu’Henri la dédaignait, a renvoyé le portrait avec une lettre infâme. Si tu avais vu la colère de M. Desprez, il t’aurait fait peur. Dalberg, lui qui est si brave, tremblait comme la feuille ; mon père lui a dit de ne jamais se représenter chez lui ; — quel malheur ! au moment où nous allions nous marier, car tout était convenu ; — il faudra bien longtemps pour faire revenir mon père à des sentiments plus doux. Dans ma douleur, j’ai éprouvé un plaisir :