Page:Gautier - Lettre à la présidente, voyage en Italie. 1850.djvu/20

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À Milan, on se baigne avec les femmes, dans des baignoires de marbre blanc ; nous avions les baignoires, mais pas les femmes, et nous nous sommes bornés à nous laver le gland, dans le silence du cabinet de bain, sans avoir rendu ce soin de propreté nécessaire par aucune intromission suivie de bave et de fromage.

Mais il paraît que les bains servent de maison de passe et qu’on y va casser une croûte de cul, comme en France, chez les restaurateurs. La baignoire sert à la fois de divan et de bidet, et le membre joue, en même temps, le rôle de godemiché et celui de seringue à injection, malheureusement le jet n’est pas continu.

De Milan à Venise, je n’ai rien de priapique à dire, si ce n’est une atroce érection, causée par la masturbation d’une voiture mal suspendue, dont les coussins me branlaient l’entre-cuisses d’une façon dépravée ; figurez-vous un os à moelle,