Page:Gautier - Lettre à la présidente, voyage en Italie. 1850.djvu/32

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quelques trous d’écrouelles. Quand je vis cette Margot, je fis trois pas en arrière, et m’excusai sur ce que nous étions deux ; à quoi elle me répondit gracieusement que cela ne faisait rien, et que nous l’enquillerions tous les deux en même temps, l’un par devant, l’autre par derrière. Cet arrangement ne nous ayant pas plu, le ruffian nous fit faire encore deux ou trois lieues dans des quartiers inimaginables, sonnant à des portes d’où les gens sortaient pour lui dire des injures ; car, nous voyant difficiles, il voulait nous introduire dans le sein des familles, et, frappant au hasard, demandait dans la maison s’il y avait une fille de bonne volonté qui voulût se faire fauberder le gin-gin, moyennant finances, par des forestiers anglais, cossus, quoique mal mis. Par un hasard extraordinaire, toutes les Vénitiennes furent vertueuses ce soir là ; ou, ce qui est plus naturel, toutes étaient en train de foutre, et n’ont