Page:Gautier - Portraits et Souvenirs littéraires, 1875.djvu/104

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mença ce fameux Courrier de Paris qui fit naître depuis tant d’imitations plus ou moins malheureuses. Elle le poursuivit jusqu’en 1848 avec une verve toujours soutenue, une finesse d’observation toute féminine, un bon sens tout viril. Que de pages charmantes qui resteront parmi les meilleures de la langue, que de détails en apparence frivoles, et déjà presque historiques ! Quelle mine inépuisable pour les romanciers de l’avenir, lorsqu’ils voudront peindre cette époque ! Elle est là, en effet, tout entière, semaine par semaine, avec ses mœurs, ses modes, ses ridicules, ses tics, ses façons de parler, ses engouements, ses folies, ses fêtes, ses bals, ses soirées intimes, ses commérages, jugée par cet élégant vicomte dont la badine cingle si bien et qui semble posséder le lorgnon magique d’Edgar de Lorville, tant il devine aisément