Page:Gautier - Portraits et Souvenirs littéraires, 1875.djvu/192

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
179
CHARLES BAUDELAIRE.

trarier la loi, sans autre attrait que la désobéissance, en dehors de toute sensualité, de tout profil et de tout charme. Cette perversité, il la constatait et la flagellait chez les autres comme chez lui-même, ainsi qu’un esclave pris en faute, mais en s’abstenant de tout sermon, car il la regardait comme damnablement irrémédiable. C’est donc bien à tort que des critiques à courte vue ont accusé Baudelaire d’immoralité, thème commode de déblatérations pour la médiocrité jalouse et toujours bien accueilli par les pharisiens et les J. Prudhommes. Personne n’a professé pour les turpitudes de l’esprit et les laideurs de la matière un plus hautain dégoût. (1 haïssait le mal comme une déviation à la mathématique et à la norme, et, en sa qualité de parfait gentleman, il le méprisait comme inconvenant ridicule, bourgeois et surtout malpropre. S’il a