Page:Gautier - Portraits et Souvenirs littéraires, 1875.djvu/69

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corps d’Adonis. Il visita les châteaux des chefs druses et maronites, semblables à des burgs du XIIIe siècle. Ce n’était pas seulement l’amour du pittoresque et de la couleur locale qui l'entraînait dans ces hautes et sauvages montagnes, c’était aussi le désir de se renseigner sur la doctrine secrète des Druses, religion étrange, la seule qui ne se recrute pas, qui n’admette pas de néophyte, car on est Druse de toute éternité et l'on ne saurait le devenir. Sans être bien nettement d’aucune religion, Gérard avait la curiosité et le respect de toutes, même de celles qui sont tombées. S’il était poli pour Jéhovah et pour Allah, il avait de bonnes paroles pour Jupiter et les autres Olympiens, « car, disait-il, on ne sait pas ce qui peut arriver ». Un jour, à la place Royale, debout devant la grande cheminée du salon de Victor Hugo,