Page:Gautier - Portraits et Souvenirs littéraires, 1875.djvu/87

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Fais pour moi transparents et la terre et les cieux !
Révèle-moi d’un mot de ta bouche profonde
La grande énigme humaine et le secret du monde !
Confirme en mon esprit Descartes ou Spinosa,
Car tu sais le vrai nom de celui qui perça,
Pour que nous puissions voir sa lumière sans voiles,
Ces trous du noir plafond qu’on nomme les étoiles :
Car je te sens flotter sous mes rameaux penchants ;
Car ta lyre invisible a de sublimes chants ;
Car mon sombre océan où l’esquif s’aventure
T’épouvante et te plaît ; car la sainte nature,
La nature éternelle et les champs et les bois
Parlent à ta grande âme avec leur grande voix ! »


Nous empruntons à un petit livre commémoratif, sorte de bout de l’an de la douleur où une main pieuse a recueilli tous les articles, parus dans les journaux, à l’époque fatale, ces quelques lignes par lesquelles toute biographie humaine peut se résumer.

Delphine Gay, née à Aix-la-Chapelle, paroisse