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chapitre ix

vous pourriez dire : Je me soumets de cœur et de bouche aux constitutions des papes, la soumission de cœur étant pour le droit et celle de bouche pour le fait[1]. » Ces inepties étaient rejetées, et, le 14 juillet, Philippe de Champaigne remettait à l’archevêque, au nom de sa fille et de toutes les religieuses, un acte par lequel elles déclaraient s’en tenir à leur ancienne distinction du fait et du droit. Une maladie de Péréfixe suspendit pour un peu de temps les poursuites, et, le « mercredi 13 août, la communauté annonça une neuvaine à la Sainte Épine, pour demander à Dieu la santé de M. l’archevêque ». Les religieuses profitèrent de ce moment de répit pour rédiger des requêtes un peu enfantines à saint Pierre et à saint Paul, à sainte Madeleine, à saint Laurent, à saint Bernard, à la Sainte Vierge, à Jésus-Christ couronné d’épines. Cette dernière, composée par la Mère Agnès, fut mise sur l’autel, pendant la messe, le surlendemain du jour où la communauté, assemblée capitulairement, dressa le plus important de tous les actes dont il soit fait mention dans l’histoire de Port-Royal. Sainte-Beuve ne paraît pas connaître cet acte des 11 et 14 août 1664, et son ignorance ne s’explique pas, car l’illustre historien a tiré de l’Histoire des persécutions à cet endroit même les très curieux détails qu’il relate sur les requêtes et sur la neuvaine pour la santé de l’archevêque[2]. Il est inadmissible que ce soit une omission volontaire, c’est en tout cas une omission très regrettable. Cet acte, qui n’a pu être dressé par un notaire, les religieuses le disent positivement, est, dans plusieurs de ses parties, en style de tabellion, et il caractérise très bien là ma-

  1. Histoire des persécutions, p. 263.
  2. V. Sainte-Beuve, Port-Royal, tome IV, p. 201.