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histoire du mouvement janséniste

qui n’accepta que contraint et forcé, si bien que l’on crut devoir recourir une seconde fois au Parlement. Mais Noailles, de plus en plus perplexe, ne se décidait pas à signer son instruction pastorale, qui était la clef de voûte de toute la négociation : il lui fallait au préalable la certitude que la déclaration serait enregistrée, et vingt séances chez le Régent ne le firent point céder ; il en vint même à offrir sa démission d’archevêque. Il se rendit pourtant lorsqu’il vit le duc d’Orléans transférer à Blois le Parlement exilé à Pontoise. On enregistra pour pouvoir revenir à Paris, mais on introduisit dans l’arrêt des clauses qui laissaient subsister l’appel au concile, et qui mettaient les appelants à l’abri des persécutions. Ainsi se termina, le 4 décembre, cette grande affaire de l’accommodement de 1720 ; on va voir que ce ne fut pas du tout une paix de l’Église comparable à celle de Clément IX. Les plaisants appelèrent la déclaration une déclaration de guerre en forme de publication de paix, et le corps de doctrine un alphabet servant à écrire toutes sortes de décisions à double sens. Les appelants renouvelèrent leur appel et le pape n’attendit pas l’enregistrement du 4 décembre, car dans un bref à l’archevêque d’Arles (20 août 1700) il dit au sujet de l’accommodement qu’il ne pouvait ni l’approuver, ni le tolérer, ni le dissimuler. On retombait dans le chaos et, comme l’écrivit au roi en 1724 l’évêque de Bayeux, Armand de Lorraine, adversaire déclaré de la Bulle, « toutes les conditions du traité de paix de 1720 furent aussitôt violées et anéanties ».

Et cependant on pouvait appliquer à cette tentative le dicton populaire « Un mauvais accommodement vaut mieux qu’un bon procès ». L’appel au concile, parfaitement légitime en soi, était bien dangereux car